Série

Altered Carbon, une réalisation féministe

29 avril 2018 — 0

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Altered Carbon, une réalisation féministe

29 avril 2018 — 0

Altered Carbon est une série Netflix basée sur le roman du même nom. L'adaptation a certes ses défauts, mais la réalisation de Laeta Kalogridis apporte un petit vent de fraîcheur dans l'univers SciFi.

Cette review est garantie sans spoiler !

Si vous me suivez depuis quelques mois maintenant, vous savez que je suis une inconditionnelle fan de science-fiction (et autres œuvres impliquant tout univers fictif). Je n’ai pas lu le livre sur lequel la série est basée, mais les trailers d’Altered Carbon m’ont tout de suite donné envie de la binge-watcher. Si je vous en parle aujourd’hui, ce n’est pour une fois pas pour vanter le scénario ou les émotions qui m’auraient submergées, mais plutôt pour parler réalisation et choix de casting. 2384, nous voilà !

Altered Carbon, kÉzako

Commençons par le commencement : Altered Carbon, de quoi ça parle ?
L’intrigue se déroule en 2384, alors que l’immortalité est désormais possible. Chaque être humain se voit implanter une pile, qui stock l’intégralité de sa mémoire et de sa personnalité. Les corps, synthétiques ou naturels, sont désormais appelés « enveloppe » puisqu’on peut passer facilement de l’un à l’autre. Bien évidemment, les plus riches peuvent se payer des enveloppes « de luxe », là où les plus pauvres n’ont pas forcément la possibilité de revenir d’entre les morts.

altered carbon takeshi kovacs

Notre histoire commence alors que Takeshi Kovacs, ancien mercenaire, se réveille dans une enveloppe qui n’est pas la sienne. Capturé 250 ans plus tôt, sa pile était stockée en prison pour qu’il purge sa peine. Mais Laurens Brancroft, un des hommes les plus riches du monde, l’a réquisitionné pour une affaire personnelle.
En effet, Laurens aimerait savoir… qui l’a tué ! Puisque l’âme est considérée comme étant stockée dans la pile, un véritable meurtre n’a lieu que lorsque la pile est détruite. Laurens ayant des sauvegardes régulières, il n’est donc pas mort mais ne sait pas ce qui est arrivé à sa précédente enveloppe.

L’enquête est le fil rouge de la première saison, pendant laquelle Takeshi va tenter de comprendre ce qui lui est arrivé, et au monde depuis son arrestation. Kristin Ortega, policière, sera l’une de ses alliés dans sa course à la vérité. Et derrière le linge sale de Bancroft, se trouvent des secrets bien plus horrifiants…

Altered_Carbon-ortega

une réalisation féminine & féministe

À la réalisation, c’est Laeta Kalogridis (Terminator : Genisys & Avatar) qui tient les rênes. Dès le début des années 2000, elle avait les yeux sur les droits (d’abord bloqués par Warner), et elle a travaillé de longues années avec l’auteur pour en faire une série fidèle à son matériel original. Richard K. Morgan (l’auteur) a d’ailleurs souligné la richesse que cela apportait par rapport à son livre :
« Vous pourrez clairement sentir qu’il y a une perspective féminine dans la série « , dit-il. « Particulièrement avec la façon dont Ortega et Quell sont dépeintes et développées à partir du livre, mais aussi beaucoup dans l’histoire de Lizzie, comment cela se passe. Vous pouvez vraiment sentir que vous connaissez cette femme en train de se venger de ses oppresseurs. C’est très central. »

Kalogridis a fait en sorte de créer des personnages féminins forts et qui parlent pour eux-mêmes. Ortega entre autre, est une femme déterminée avec un sens fort de la justice, mais est vulnérable lorsque l’on s’attaque à sa famille. Quell, une autre femme forte de la série, est mise en avant dès la saison 1 alors qu’elle est plus présente dans le tome 3. Les mots de Kalogridis :
« Je voulais vraiment créer un rôle pour une femme de couleur, où l’on verrait ce côté grand scientifique et inventeur qui était le Léonard de Vinci de son temps. D’une manière que j’espérais inspirante. Aussi bien qu’un peu tragique. »

Je ne vous spoilerai pas, mais un combat particulièrement dénudé entre deux femmes a lui aussi été réalisé par une femme. On le sent, et vous savez quoi ? Ça fait du bien et dire bye-bye au male gaze !

quell altered carbon

 

Une série qui peine à nous émouvoir

Altered Carbon est une série qui a tout pour elle : budget, réalisation, casting, décor… Mais cela ne l’a pas empêchée de faire un flop.
Le scénario n’est pourtant pas mauvais : si les divers fils de l’intrigue forment au début une boule inextricable, au fil des épisodes on comprend mieux ce monde, ces habitants et leurs motivations.
Les décors, costumes et l’ambiance sont, clairement, incroyable. La photographie est sublime, et on retrouve beaucoup d’influences.

 

altered-carbon-netflix-vancouver-40

L’univers est lui aussi incroyable : l’immortalité et le choix qu’elle offre ne sont pas acceptés par tous. On parle religion, on parle esprit, on parle transhumanisme…
Et c’est peut-être là que la série nous perd. Autant les personnages sont complexes et plutôt bien construits, autant il est difficile de s’attacher à eux. Ils parlent peu (si ce n’est jamais) de leur sentiments, peurs ou envies : c’est seulement vers la fin de la saison que l’on commence à avoir peur pour eux.

Est-ce qu’Altered Carbon est un chef d’œuvre ? Non, clairement pas. Le rythme est lent, les émotions viennent difficilement. Est-ce une catastrophe ? Non plus. Pour toutes ses qualités évoquées ci-dessus, cette série vaut la peine d’être vue et propose un point de vue intéressant sur une technologie que même Black Mirror a déjà traitée. Dans tous les cas, les choix de la réalisatrice sont rafraichissants pour une série de SciFi, et Altered Carbon échappe aux clichés tout en présentant des personnages féminins forts et vrais.
Netflix n’a pas encore annoncé la saison 2, mais j’ai hâte de voir ce que deviendront ces femmes !

Fiche technique

Altered Carbon PosterTitre : Altered Carbon

Producteurs : Skydance Media, Mytholody Entertainment

Diffusion : Netflix

Statut : Série en cours, saison 1 terminée