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Moi, Tonya : un biopic fort & inspirant

16 mai 2018 — 0

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Moi, Tonya : un biopic fort & inspirant

16 mai 2018 — 0

Envie de vous cultiver à base d'humour noir & de meuf badass, et de vous motiver à (littéralement) exploser tous vos adversaires ? Moi, Tonya est un film qui devrait vous plaire !

Moi, Tonya est un biopic racontant la fantastique mais courte carrière de Tonya Harding, patineuse artistique professionnelle. Dans la même lignée que les autres films historiques de l’année (notamment Battle of the Sexes), son style se rapproche cependant plus d’un mockumentary (parodie de documentaire). Si vous aimez le patinage, les meufs badass & le cynisme, ce film devrait vous plaire !

Moi, Tonya : la carrière de Tonya Harding

Moi, Tonya raconte donc l’histoire de Tonya Harding. Tonya est une américaine née à Portland en 1970, dans ce que le film décrit comme une banlieue un peu glauque. Elle est fille unique, fruit du cinquième mariage de sa mère. Cette dernière, alcoolique, la bat pendant son enfance et la force à s’entraîner des heures sur la glace.

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Si Tonya est une figure incontournable du patinage (féminin comme masculin), c’est parce qu’elle est la première athlète américaine à réaliser un tripe axel (trois tours et demi en l’air).
Malheureusement, si elle est connue aujourd’hui, c’est à cause de l’affaire « Harding – Kerrigan ». En 1994, Nancy Kerrigan est la grande rival de Tonya. Six semaines avant les JO d’hiver, elle est agressée et attaquée au genou (son agresseur avait une barre de fer), soit la veille des qualifications. L’enquête qui suit indiquera que Tonya, son mari et son agent sont impliqués.
Après cela, elle sera exclue de la fédération américaine de patinage, condamnée à une amende de 110 000$ et à 500 heures de travaux d’intérêt général.
A noté que Nancy a finalement pu patiner, et a remporté la médaille d’argent aux JO – Tonya s’est, elle, retrouvée 8e suite à un problème avec son patin.

Le documentaire parodié

Le film ne se positionne pas quant à l’implication de Tonya dans l’agression. La narration est faite par les personnages eux-mêmes : le récit est entrecoupé de scène d’interview, qui sont basées sur les vraie interrogations menées par les forces de l’ordre. Entendre la version de chacun donne plus de profondeur au récit, et laisse le spectateur libre de qui croire. Tonya a-t-elle frappé Nancy à coup de barre de fer ? À quel point le mari de Tonya était-il impliqué ?
J’ai trouvé que ce choix de briser le 4e mur, d’avoir des personnages qui s’adressaient directement aux spectateurs, était particulièrement pertinent. Personnellement, j’ai adoré le jeu de Margot Robbie, et j’avais envie de croire Tonya plus que les autres !

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D’ailleurs, lorsque plusieurs versions des faits sont évoquées, le film les montre toutes – comme pour dire que la vérité n’est pas là, et que nous ne la connaîtrons probablement jamais.

Une jeune fille en mal d’affection

Tout d’abord, une évidence, mais qui mérite d’être écrite noir sur blanc : le jeu de Margot Robbie est excellent. Elle retranscrit à merveille la personnalité forte de Tonya, et son côté cynique vient appuyer son désespoir.

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Car Tonya, bien qu’enfant prodige, ne l’a pas eu facile (à noter que je vous parle du personnage du film dans les lignes qui suivent). Comme je vous l’ai raconté, sa mère la battait. Elle s’est mariée assez jeune, pensant peut-être lui échapper… mais son mari la battait aussi. L’histoire ne dit pas si elle rendait les coups aussi fort, mais la violence a en tout les cas toujours fait partie de sa vie. Elle était très seule, et n’avait aucun repère émotionnel. À la fois grande gueule et en manque d’amour, le patinage était son échappatoire.

Cependant, même dans le patin, elle a du faire face à certains obstacles. Issue d’un milieu populaire et considérée « peu gracieuse », Tonya était très loin des modèles de patineuses rêvées par la fédération. Comparée à Nancy, Tonya était vue comme la rustre, et les media ont beaucoup joué de cette rivalité lors des compétitions.

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Rejetée par sa famille (son père s’en va lorsqu’elle est enfant), rejetée par la fédération, outre le patinage, elle semble n’être attachée qu’à son mari. D’après le biopic, son mari avait un comportement extrêmement toxique même s’il se prétendait « fou d’elle ». Il aurait été l’instigateur de l’agression de Nancy, uniquement dans le but de faire place nette à Tonya pour qu’elle brille aux JO. Honnêtement, je pense qu’on peut difficilement imaginer un personnage plus odieux et insupportable que celui-ci. Stupide, égoïste, violent… Je vous rassure, la vraie Tonya n’est aujourd’hui plus avec lui (et tant mieux pour elle !).

Prêt.e.s à tout casser ?

Dans la même lignée que Battle of the Sexes, Moi Tonya est une vraie catharsis. Même si le sujet n’est pas toujours joyeux, le film use du cynisme et de l’humour noir pour rappeler qu’il ne prétend pas montrer la vérité vraie, et le contexte de la fiction est finalement très souvent rappelé au spectateur. Ce qui nous permet de prendre du recul sur la narration, mais aussi de se rappeler que ce sont de vrais témoignages et de vraies personnes dont il est question.

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Bref, j’ai passé un très bon moment, et c’est toujours intéressant d’en savoir plus sur l’Histoire du sport). Sachez qu’après sa radiation, Tonya eu une courte carrière en tant que boxeuse, et je trouve ça carrément fort de sa part. Je vous laisse avec la réelle performance de Tonya Harding réalisant son triple axel, mais n’hésitez pas à commenter et me dire ce que vous avez pensé de ce film !

 

Fiche technique

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Titre : Moi, Tonya

Producteur : LuckyChap Entertainment, Clubhouse Pictures

 Année de sortie : 2017